Activisme : Manifestation à Nantes contre le Front National

Bonjour les colibris!

Aujourd’hui on va parler de la manifestation qui a eu lieu à Nantes le 25 février à laquelle j’ai participé avec des amis.

On est beau hein 😀

Avant de partir je m’étais dit que je prendrai mon appareil photo afin de photographier la manifestation et d’écrire un article dessus. J’ai très vite changé d’avis en en parlant avec mes amis. Les CRS allaient venir en masse et le gaz lacrymogène n’était pas vraiment conseillé pour mon appareil, tout comme les embuscades d’ailleurs. Je m’étais alors enlevée l’idée d’écrire cet article. MAIS, le soir même, en rentrant, je suis allée rapidement jeter un coup d’œil sur Google actualité en tapant « Nantes » pour voir ce qui ressortait de l’événement. Je suis tombée de haut (quoi que je commence à en avoir l’habitude) : une désinformation médiatique à couper le souffle ! J’ai donc finalement décidé qu’écrire cet article était primordial.

Voilà quelques articles que je citerais, parmi tout ceux des nombreux grands journaux  :

http://www.lepoint.fr/societe/nantes-des-incidents-lors-d-une-manifestation-contre-marine-le-pen-25-02-2017-2107556_23.php#

http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/02/25/a-nantes-une-manifestation-contre-la-venue-de-marine-le-pen-dans-une-ambiance-tendue_5085642_3224.html

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/le-journal-de-7h-une-manifestation-degenere-a-nantes-7787426600

Je n’en ai sélectionné que 3 parmi la dizaine que j’ai lus, étant donné que ce sont les mêmes informations qui se répètent partout.

On retrouve dans tous les journaux (et c’est d’ailleurs la seule cohérence que l’on retrouve) que nous étions à priori entre 2000 et 3000 manifestants.

Mais je vous présente d’ors et déjà la première incohérence :

« Parmi les manifestants, quelques 800, dont certains étaient encagoulés, appartenaient à des mouvements d’extrême gauche, selon des sources policières. » -Le Point

Dites moi simplement comment la police peut estimer ça ? A ma connaissance toutes les personnes appartenant à des mouvements d’extrême gauche ne l’on pas tatoué sur leur front, loin de là. Aucune, je dis bien aucune revendication d’un parti politique n’a été faite. La seule et unique chose qui nous unissait politiquement et qui a été revendiquée en ce jour était bel et bien notre colère face à la montée de l’extrême droite. En toute bonne foi, j’ai aperçu deux ou trois autocollants du parti de Mélanchon sur des vêtements de militants mais, ça s’est arrêté là.

Ensuite, les médias nous parlent des forces de l’ordre qui auraient été blessées.

Premièrement, personne n’est d’accord sur les chiffres.
Il s’agira de 7 gendarmes d’après Le Point alors qu’RTL dira 11. Ça n’est pourtant pas l’augmentation des chiffres au fur et à mesure que les informations viennent, étant donné que le point a publié ces informations à 09h30 le 26 février et RTL à 07h50 le même jour. La même incohérence se retrouve sur les autres articles de journaux. Je vous laisse aller voir de vous-même.

Deuxièmement, qui a blessé les forces de l’ordre ?
La seule information que l’on a, est qu’un cocktail molotov a été lancé sur l’un d’entre eux et lui a entraîné une brûlure au second degré sur la jambe. Ce qui, soyons clairs, n’est absolument pas un acte que j’approuve. En revanche, personne ne dit que ce sont les militants qui ont entraîné des lésions aux autres blessés. Ce que l’on a pu constater sur place, c’est qu’avec le vent, ils leur arrivaient de se reprendre les projectiles qu’ils lançaient à notre encontre. Ne serait-ce pas en majeur parti ça qui les aurait blessé ? On ne saura jamais. Et c’est bien pour ça que l’on ne doit pas jeter la pierre aux manifestants ce qui a pourtant été clairement sous-entendu.

Pour la peine je vous laisse avec une petite photo de CRS pleurant à cause de leur propre lacrymo (parce qu’il faut bien admettre que c’est drôle tout de même) :

Mais au final, pourquoi les forces de l’ordre ont-elles été blessées?

« Des personnes qui se sont greffées au cortège ont lancé des projectiles en direction des forces de l’ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes » écrit Le Point.

« Lors de la manifestation, des personnes qui se sont greffés au cortège ont lancé des projectiles en direction des forces de l’ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes. » écrit France 3 en allant dans le même sens.

Je vais vous présenter ici une toute autre version de l’histoire :

La manifestation a commencé aux alentours de 15h. Les casseurs ont commencé à casser les vitres sur les côtés des abribus afin de retirer les grandes affiches de publicité tout en revendiquant leur acte par des slogans anticapitalistes. Jusque là, nous marchions calmement.
Puis, quelques vitrines ont commencé à se faire casser. Et c’est à ce moment là, que les CRS ont commencé à intervenir. Donc, jusque là AUCUN projectile n’a été lancé sur eux. Ou sûrement quelques uns de la part de zigotos comme toujours mais rien de plus. On finit dans cette ambiance la manifestation officielle.
Une fois arrivées à la place (dont j’ai oublié le nom) les forces de l’ordre nous entourent et arrêtent leurs attaques le temps du discours de clôture de la CGT. Pendant ce temps les casseurs récupèrent les pavés du chemin du tramway afin de s’en faire un stock pour pouvoir se défendre en s’échappant après. Les CRS eux, créaient un passage de sortie pour ceux qui le souhaitent, mais reprennent rapidement, avant même la fin du discours, leurs offensives.
C’est à partir de ce moment là que la tension est à son comble. A mes yeux, un véritable paysage de guerre est créé, mais une véritable solidarité règne du début à la fin entre les manifestants. Des personnes appelant au ralentissement des manifestants positionnés devant pour ne pas laisser seuls les manifestants de derrière face aux forces de l’ordre tout comme des équipes de manifestants secouristes.
Le résultat a été malgré tout des manifestants arrêtés et d’autres blessés. Mais bien sûr, pas un mot de tout cela dans les journaux. Si les journaux en parlent, ça ne sera que pour blâmer des personnes qui ont refusé d’être victime d’une fausse démocratie.

Que retiennent les médias ?

« Parmi les dégradations, la porte d’entrée principale de l’hôtel de ville de Nantes a été taguée, du mobilier urbain a été endommagé  […] Des devantures de magasins ont également été saccagées par divers projectiles et des pots de peinture. Des banques et arrêts de bus avaient été protégés par des panneaux de bois. » écrit Le Point.

« Des banques et des arrêts de bus avaient été protégés dès le matin par des panneaux de bois. Mais selon des images partagées sur Twitter par des journalistes présents, des vitrines ont été brisées le long du parcours de la manifestation. Parmi les dégradations, la porte d’entrée principale de l’hôtel de ville de Nantes a été taguée, du mobilier urbain a été endommagé, notamment de nombreux abris de tramway. Des devantures de magasins ont également été saccagées par divers projectiles et par des pots de peinture » écrit Le Monde.

« Des abribus endommagés, des vitrines saccagées » dit l’animateur RTL dans la vidéo sur l’article.

Et le message dans tout ça?

« Les casseurs masqués venu uniquement en découdre avec les forces de l’ordre » dit un anonyme parlant sur RTL.
Voilà ce qui résulte de la « déformation » médiatique.

On était là pour passer un message, et voilà ce qui a été retenu. Je ne faisais pas parti des casseurs mais mes amis et moi étions à côté d’eux et on a vu du début à la fin ce qu’ils faisaient. Ils transmettaient un message. Un message qui disait marre. Marre du capitalisme, marre de nos dirigeants, marre de se faire diriger, marre que l’on nous considère comme le « bas peuple », chaque individu à le pouvoir de changer les choses, regardez nous de vos grands airs, casser tout ce que vous croyez si solide.

La casse pour la casse était extrêmement peu présente contrairement à ce que l’on pourrait croire par les citations des journaux que je vous ai mises un peu plus haut.

Ce qui était visé, voyez le en image, c’était ça :

Des messages anarchistes tagués sur les murs..

.. accompagnés de slogans..

.. et de casse à visée bien anti-capitaliste.

Mais aussi beaucoup de dénonciations des violences policières.. surtout après les derniers événements comme vous pouvez le constater.

Et bien évidement des tags expliquant le pourquoi de la manifestation.

Il y a également eu un char avec la tête de nos chers politiciens, que la bac a tenté de reprendre et qui a finalement été brûlé. On retrouve le passage dans cette vidéo (avec ce cher homme affirmant être bel et bien fasciste..) :https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee/videos/1256816347687869/

Bien entendu il n’y avait pas que les anarchistes mais tout un tas d’autres manifestants tout aussi présents sans casse.

« Condamné avec la plus grande fermeté les violences commises » : Bruno Le Roux, ministre de l’Intérieur

La seule question que j’ai à poser maintenant c’est : Quelle violence ?

Je ne peux vous dire qu’une chose, croyez ce que vous voyez.
D’après le dernier sondage mené par le centre de recherche politique de science po (Cevipof), 51% des policiers se déclarent prêt à voter Marine Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle. Ça n’est donc pas les informations qu’ils fournissent aux journaux qui seront neutres pour une manifestation qui cherche à contrer le FN.
Alors allez dans les rues, allez parler avec ceux qui y étaient, aller voir les photos, les vidéos, les preuves de ce qui s’est réellement passé et seulement ainsi construisez votre opinion. Je dirais même surtout les vidéos parce qu’il est facile de faire dire ce que l’on veut aux images. Et les gens vous donneront leur interprétation. Moi la première!

Certain dirons alors « pourquoi être resté après la manif officielle aussi… » et bien voici ma réponse :

Contrairement au droit de grève, le droit de manifester d’existe pas à proprement parler. Cependant,  l’article 10 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen stipule bien « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi » (https://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Declaration-des-Droits-de-l-Homme-et-du-Citoyen-de-1789).
Ce que l’on appelle en France le droit de manifester est garanti par la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamental (dont est signataire la France). D’après mes recherches ça serait grâce au tiret 2 de l’article 9 « Liberté de pensée, de conscience et de religion » : « La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui » (https://www.coe.int/fr/web/conventions/full-list/-/conventions/rms/0900001680063776).
Depuis 1935, il est obligatoire d’envoyer une déclaration préalable (et non une demande!) à la préfecture ou à la mairie au moins 3 jours avant. CEPENDANT, elle peut être arrêté par arrêté préfectoral si elle est de nature à troubler l’ordre public ou si ses mots d’ordre sont contraires à la Loi.

Jusque là, je me suis pas mal servi de cette vidéo comme fil conducteur :
https://www.youtube.com/watch?v=1OHJq8Zc2jA

Je vais maintenant rentrer plus dans le vif du sujet : ce qui nous pose problème dans tout ça et ce qui a donc engendré notre décision à rester après la manifestation officielle.

Le loi fait une différence entre manifestation et attroupement. D’après l’article 431-3 du code pénal « Constitue un attroupement tout rassemblement de personnes sur la voie publique ou dans un lieu public susceptible de troubler l’ordre public. » (https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070719&idArticle=LEGIARTI000006418461&dateTexte=29990101&categorieLien=cid) Seulement me vient alors la question, qu’est-ce que l’ordre public ? Je vais alors voir sur le site du sénat et je tombe sur cette définitionhttps://www.senat.fr/questions/base/1999/qSEQ990718049.html. Je vous laisse la lire si vous le souhaiter sinon voilà ce que j’en retiens : une personne qui est puni par la loi pour ordre public incarne ce qu’est perturber l’ordre public.. Est-ce que l’on peut appeler ça une définition précise ? Pas vraiment.. Il est pourtant dit dans ce même paragraphe que cette notion a été utilisée dans plus de 143 articles figurant dans une douzaine de codes différents!
Ce que je retiens et que mes amis retiennent également, c’est que l’on nous dit que l’on est libre mais que les règles régissant les limites de cette libertés de sont absolument pas précises et donc détruisent toutes notions de liberté. Quelles sont les limites entre manifestation et attroupement ? Ce qu’ils décident.

Continuer après la manifestation officielle c’est revendiquer « On a le droit de dire non, que vous approuviez ou non cet acte, parce que c’est un droit fondamental! » Ça ne l’est plus si l’on doit nous donner un quelconque accord régis par des notions adaptables suivant l’autorité qui nous gouverne.

Toutes les photos de cet article sont reprises de la page facebook (hormis la photo de mes amis et moi, ça va de soi) :
https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee/?fref=ts

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